Séminaire


Trace, information, écriture

Séminaire 2020-2021
Collège international de philosophie

Informations pratiques

Les séances ont lieu le jeudi de 18h30 à 20h30 en visio-conférence
Lien Zoom 2ème semestre : https://us02web.zoom.us/j/88655252792
Informations de dernière minute sur l’agenda du Ciph
Une présentation plus détaillée du séminaire dans un document pdf

  • jeudi   5 novembre 2020
  • jeudi 19 novembre 2020
  • jeudi 10 décembre 2020
  • jeudi 11 mars 2021 – Didier Vaudène
  • jeudi 25 mars 2021 – Carlos Lobo
  • jeudi 08 avril 2021 – Sylvie Thorel

Séance du 11 mars 2021 : Didier Vaudène
Le montage de l’effectivité comme dématérialisation des supports et des avoir-lieu.

Séance du 25 mars 2021 : Carlos Lobo
Husserl : de la crise des sciences à l’analytique de l’évidence technique

Séance du 8 avril 2021 : Sylvie Thorel
Poe, Baudelaire, Mallarmé : camera oscura.

Le séminaire en 2020-2021

Ce séminaire propose d’aborder certains aspects de la problématique de l’articulation entre trace, information (au sens de l’information discrète de l’informatique, c’est-à-dire l’information combinatoire non probabiliste), et écriture (abordée de manière générale en un sens non exclusivement visuel ou graphique) : comment et dans quelle mesure l’information discrète et ses mises en œuvre techniques peuvent-elles (ou non) intéresser (concerner, éclaircir, préciser, modifier, déplacer, bousculer, etc.) la problématique d’une telle articulation, trois fois transversale en ce sens que chacune de ses composantes est déjà transversale par elle-même. Autant dire que cette triple transversalité exclut toute éventualité d’un cloisonnement étanche qui circonscrirait cette problématique à un champ ou à une pratique particulière. On doit donc pouvoir en déceler les incidences dans divers champs et pratiques, non seulement techniques et scientifiques (mathématiques y compris), philosophiques et épistémologiques, mais aussi artistiques (poésie, littérature, peinture, etc.), et bien au-delà.

L’approche par l’information discrète, qui a déjà été abordée en 2019-2020, permet de comprendre l’information discrète comme ce qui peut être conservé malgré une diversité de phénoménalités (électriques, magnétiques, chimiques, mécaniques, scopiques, acoustiques, etc.), ce qu’on pourra dire un invariant de traduction transphénoménale. Cette approche s’articule directement avec la « dématérialisation » des écritures, dénomination courante mais inappropriée, car les ordinateurs, les processeurs, les réseaux, les mémoires, etc., n’ont rien d’immatériel ! Ce qui est en jeu est bien plutôt l’extension considérable, depuis le XIXe siècle, des pratiques et surtout des dispositifs techniques mobilisant la potentialité transphénoménale qui est inhérente à l’écriture, qui peut en effet se comprendre comme une condition de l’itérabilité de l’écriture (au sens de Derrida). L’attention portée à la transphénoménalité ouvre sur les deux questions interdépendantes que je souhaite aborder dans cette deuxième année du séminaire.

D’une part, la question de la linéarité de l’écriture : Leroi-Gourhan (Le geste et la parole, 1964) et Derrida (De la grammatologie, 1967) voient en cette linéarité un assujettissement à la linéarité de la parole impliquant le refoulement de pratiques d’écritures et de figurations pluridimensionnelles. Or, on peut constater, en particulier depuis le XIXe siècle, que ce sont précisément les pratiques d’écriture qui tendent le plus à se délier de toute dépendance directe à la parole qui sont aussi celles qui tendent le plus vers une linéarité à la fois théorique et effective (par exemple : formalisations logiques et mathématiques, systèmes formels, théories de la calculabilité, et, surtout, les technologies de l’information).

D’autre part, la question de la traduction transphénoménale des supports et des entre-deux : la « dématérialisation » des écritures (partie en noir) entraîne la « dématérialisation » des supports et des entre-deux (partie en blanc), sachant que cette partie en blanc, qui doit au moins prendre en charge le tenir-ensemble des lettres en noir, est aussi le trait caractéristique de la linéarité de l’écriture : la part en noir porte la différence, mais il n’y a qu’une seule espèce d’entre-deux, c’est-à-dire de blanc.

Les deux questions, déjà, s’entremêlent. Et bien d’autres encore à seulement évoquer ce « papier quasi transcendantal » et son retrait (Papier machine, Derrida), mais aussi « cette blancheur rigide… / face au ciel » (Le Coup de Dés, Mallarmé), qui appelle une autre question – « rien… / n’aura eu lieu / que le lieu… » (id.) –, celle d’un lieu de l’écriture. Le retrait du livre (la fin de l’ère du livre) recroiserait-elle alors la question du Livre – comme lieu de l’écriture – sur les traces de Mallarmé, de Blanchot, de Beckett et de Jabès, par exemple ? Ouvrirait-elle plus généralement sur la question d’un lieu de…, intéressant autant l’écriture et la parole, que la littérature, la poésie, la musique et la peinture, par exemple ?

Archives du séminaire 2019-2020

Notes de préparation et diapositives de l’exposé en pdf :